Le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINDUH) et l’ONG coordonnée par l’architecte-urbaniste Sylvain Djache Nzefa ont officialisé un partenariat stratégique.
Objectif : concilier modernisation des infrastructures urbaines et préservation de l’identité patrimoniale du Cameroun. Une signature historique qui pose les jalons de la ville africaine de demain.
Comment bâtir la ville camerounaise du futur sans en effacer l’âme culturelle ?
C’est le défi herculéen auquel tente de répondre la convention de partenariat récemment paraphée à Yaoundé entre le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINDUH) et l’organisation internationale dirigée par l’éminent architecte Sylvain Djache Nzefa, par ailleurs figure de proue de la valorisation du patrimoine africain (notamment à travers l’ambitieux programme de la Route des Chefferies).
Cette alliance marque un tournant méthodologique majeur dans la commande publique et la planification urbaine au Cameroun.
Sortir du mimétisme architectural :
Pour l’urbanisme afro-responsable, Sylvain Djache Nzefa, l’architecture ne se résume pas à l’empilement de béton, de verre et d’acier importés.
Depuis plusieurs décennies, ce défenseur des identités culturelles milite pour une réappropriation des matériaux locaux (terre cuite, essences de bois locales) et des concepts spatiaux propres aux civilisations camerounaises. « Nos villes ne doivent plus être de pâles copies des métropoles occidentales ou asiatiques, inadaptées à nos réalités climatiques et sociologiques », soutient l’expert.
La convention signée avec le MINDUH offre désormais un cadre institutionnel pour intégrer ces principes au cœur des grands projets d’aménagement du territoire.
Il s’agit de concevoir des villes durables, résilientes face aux changements climatiques, tout en sanctuarisant les sites patrimoniaux et historiques menacés par l’urbanisation sauvage.
Les grands axes de la convention
Le protocole d’accord s’articule autour de trois piliers fondamentaux :L’assistance architecturale et technique : Mettre l’expertise de l’ONG au service des municipalités pour l’élaboration de chartes graphiques urbaines qui respectent l’histoire locale des régions du Cameroun.
Le développement de l’habitat durable :
Promouvoir des techniques de construction à faible empreinte carbone, valorisant le génie civil endogène et les circuits courts de matériaux.
La valorisation des espaces publics mémoriels : Intégrer des zones culturelles, des musées communautaires et des parcours patrimoniaux dans les plans d’occupation des sols (POS) des communes camerounaises.
Pour les professionnels du BTP , les architectes, ingénieurs et entreprises de construction opérant sur le triangle national, cette convention redéfinit les règles du jeu.
Les futurs cahiers des charges du MINDUH intégreront de plus en plus des critères de durabilité et d’ancrage culturel.
En associant la rigueur étatique à la vision d’un architecte mondialement reconnu, le Cameroun se positionne en laboratoire de l’urbanisme africain moderne : un urbanisme fier de ses racines, mais résolument tourné vers l’avenir.







