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Relance de la SONARA : Le Cameroun change de dimension et active le mode PPP à Yaoundé la Capitale

Réuni à Yaoundé sous la houlette du ministère des Finances, le gouvernement camerounais a dévoilé aux investisseurs et partenaires le nouveau visage du plan de reconstruction de l’unique raffinerie du pays.

Ce projet, dont le coût global est désormais porté à 700 milliards de FCFA, fusionne la réhabilitation post-incendie et une modernisation industrielle historique.

C’est un tournant décisif pour la souveraineté énergétique du Cameroun.

Une importante séance de consultation du marché s’est ouverte à Yaoundé, sous l’égide des autorités financières et sectorielles du pays, avec un objectif clair : tester l’appétit des investisseurs nationaux et internationaux pour le gigantesque chantier de relance de la Société Nationale de Raffinage (SONARA).

Un budget quadruplé pour une ambition industrielle lourde

Alors que l’enveloppe initialement avancée pour réparer les dégâts de l’incendie de mai 2019 oscillait autour des 250 milliards de FCFA, le gouvernement a fait le choix audacieux de remodeler entièrement le projet.

Désormais évalué à 700 milliards de FCFA (environ 1,2 milliard de dollars USD), le plan intègre une modernisation globale des infrastructures de Limbe.

L’État ne souhaite plus seulement remettre en marche les installations sinistrées, il veut transformer la SONARA en un outil industriel de pointe.

Le pari stratégique du « brut camerounais »

L’innovation majeure de ce plan de restructuration réside dans la construction d’une unité d’hydrocraquage (hydrocracker).

Cet équipement hautement stratégique permettra enfin à la SONARA de raffiner le pétrole lourd produit localement au Cameroun, mettant fin à une aberration économique historique qui obligeait le pays à exporter son propre brut pour importer du pétrole léger plus facile à traiter.

Le projet prévoit également :

L’extension des capacités de production : Celles-ci passeront de 2,1 millions de tonnes à au moins 3,5 millions de tonnes par an.

La modernisation des capacités de stockage et la mise aux normes environnementales des installations.

Une réduction drastique des importations : À terme, le projet ambitionne de réduire de près de 80 % la dépendance du pays vis-à-vis des importations de carburants finis.

Cap sur le Partenariat Public-Privé (PPP)

Pour mobiliser cette enveloppe colossale, l’État camerounais active officiellement le mode du Partenariat Public-Privé (PPP). Un appel international à manifestation d’intérêt est sur le point d’être lancé afin de sélectionner les partenaires techniques et financiers majeurs.

Bien que l’architecture contractuelle finale reste à préciser — notamment sur la répartition fine des risques financiers entre l’État, la SONARA et le secteur privé —, le calendrier de mise en œuvre, lui, se précise.

Un calendrier en deux temps

Les hypothèses de travail présentées lors de la réunion de Yaoundé fixent un agenda rigoureux :

D’ici 18 mois : Un redémarrage partiel des installations est anticipé pour relancer l’activité technique de base.

D’ici 36 mois : L’achèvement complet des travaux de modernisation et d’extension est attendu.

Avec ce glissement d’un simple chantier de réparation vers un projet industriel lourd, Yaoundé envoie un signal fort aux marchés : la renaissance de la SONARA est en marche, et elle portera la croissance énergétique de toute la sous-région CEMAC.

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