Après des mois d’inquiétudes, de glissements de terrain successifs et de défis techniques majeurs, le chantier de reconstruction de la traversée de la falaise de Dschang touche à sa fin.
Le site affiche un taux d’avancement de 96 %. Immersion au cœur d’un chantier à haute tension.
Les usagers de la route nationale N°5 (Bafoussam-Dschang-Santchou) entrevoient enfin le bout du tunnel. La falaise de Dschang, véritable corridor économique reliant les régions de l’Ouest et du Littoral, est en passe d’être totalement apprivoisée par les ingénieurs.
Financé en urgence à hauteur de 3 milliards de FCFA par l’État du Cameroun à la suite des éboulements meurtriers de fin 2024 et des alertes d’affaissement d’octobre 2025, ce chantier représentait un défi de haute voltige pour le ministère des Travaux Publics (MINTP) et le constructeur.
Le tracé revu et corrigé pour dompter le vide
Face aux caprices de la nature et à une pluviométrie particulièrement agressive dans la zone, l’option d’une simple réparation a vite été écartée. C’est une véritable refonte structurelle qui a été opérée :
• Un linéaire réduit de moitié : Le tracé initial de la zone critique, long de 732 mètres, a été optimisé et ramené à 367 mètres linéaires.
• Le choix de la géo-grille : Pour stabiliser le sol meuble et hautement instable de la falaise, l’entreprise s’est appuyée sur des remblais consolidés et renforcés par géo-grilles, une technologie permettant d’armer le sol contre les futurs risques d’érosion.
Cadence maximale : Des travaux de nuit pour tenir les délais
Si le chantier a connu des perturbations liées aux pluies diluviennes et à la gestion délicate du trafic — les automobilistes continuant de braver le danger malgré les consignes de sécurité —, le constructeur a dû passer à la vitesse supérieure.
Pour accélérer la livraison, des équipes ont été mobilisées de nuit afin d’engager les travaux de chaussée (couches de fondation et de base) sans paralyser totalement cet axe névralgique.
Les équipes s’attellent désormais aux finitions de la chaussée, à la signalisation et aux derniers aménagements des ouvrages d’assainissement pour canaliser les eaux de ruissellement, principales responsables des glissements de terrain historiques.
Vers une falaise connectée et éclairée
Au-delà du bitume, le gouvernement a validé l’installation d’un système d’éclairage public renforcé le long de la traversée.
L’objectif est double : améliorer la visibilité dans cette zone structurellement sujette au brouillard dense et dissuader les comportements à risque à l’approche des virages les plus dangereux.
La livraison imminente de cette infrastructure va redonner un souffle économique à la région, en sécurisant le transport des marchandises et des personnes sur un axe qui aura fait couler beaucoup d’encre — et de larmes — ces dernières années.







